jeudi 13 avril 2017

Diversité et unité des musiciens : l'acte musical vrai

Là, tout de suite, je suis en train de considérer la variété de types de musiciens que j'ai pu croiser, même si je n'en ai pas croisé énormément, au final.

Déjà, on peut distinguer ceux qui lisent, et ceux qui ne lisent pas.

Ceux qui lisent

Plusieurs façon de voir les choses. Entre les jazzeux qui, avec une mélodie, quelques chiffres et quelques lettres mettent en place un morceau d'un quart d'heure, les baroqueux qui placent leurs trilles savamment alors qu'elles ne sont pas écrites et pratiquent l'exégèse de la basse continue, les classiques qui ne s'en sortent plus si on leur enlève la partition mais sont tellement rapides à jouer les 10 mesures de doubles croches qu'ils voient pour la première fois, et les contemporains qui savent interpréter plus de symboles que ce qu'il est possible de jouer...on a déjà un paquet d'univers bien différents.
Il y aussi ceux qui lisent mais ne jouent pas vraiment, comme les chefs, et ceux qui écrivent et ne font pas toujours de la musique, comme les compositeurs.

Ceux qui ne lisent pas

Musiques de tradition orale, avec tous les folklores et leurs spécificités, guitaristes et tablatures, les groupes de garage qui font tout à l'oreille, et ceux qui semblent connaître l'harmonie tonale mais n'en on jamais entendu parler, en n'oubliant pas les bluesmen pur sang, on a aussi un paquet de différentes façons de faire.

Lire ou ne pas lire ?

Grande question, notamment pour les batteurs, souvent fiers de ne pas savoir lire, mais incapable de jouer s'ils se retrouvent dans un orchestre d'harmonie.
La meilleure approche est la plus évidente, même si la volonté de faire partie d'un camp empêche souvent les gens de voir ainsi.
Pourquoi écrit-on ? Pour transmettre, avec plus ou moins de précision.
Autant ceux qui ne savent pas lire n'ont pas accès à des répertoires intellectuels, autant, ceux qui ne savent que lire sont incapables d'improviser une mélodie simple.
Il faut abattre toutes les barrières, prendre tout.

Je pense qu'il faut faire une sorte de synthèse de toutes les façons de faire.
L'approche rationnelle reste quand même la meilleure porte pour pouvoir interpréter tous les répertoires.
Si vous savez groover sur du 5/8 et improviser sur des gammes improbables, il y a fort à parier que vous saurez jouer le dernier Patrick Sébastien sans souci, le contraire est moins évident !
Le répertoire classique, quant à lui, apporte surtout son lot de théâtralité, d'interprétation dans la finesse. Il suffit d'écouter les développements d'une symphonie, dans un mouvement lent, pour se rendre compte que lire simplement le rythme avec exactitude n'est pas la seule façon de "bien" interpréter.
Tous les répertoires un peu anciens demandent aussi parfois de savoir jouer ce qui n'est pas écrit ! Et que dire de la musique contemporaine ! Il faut inventer des solutions pour jouer ce qu'il y a écrit.

Il y a différents plans de compréhension de la musique. Il y a la précision; hauteur et rythmes. Et il y a tout ce qui est un peu indicible; le groove, la transmission d'un sentiment...

Je me souviens être allé écouter l'orchestre Philharmonique de Strasbourg jouer le Sacre du Printemps. J'ai été déçu parce qu'ils étaient trop propres, pas de crin qui frotte. C'était faux, en un sens. Je ne pense pas que ce soit simplement une question de goût.
C'est comme ces américains trop propres et trop souriants qui jouent avec leur grue et qui sont sponsorisés par Raide-boule, ça fait faux. Mais c'est bien produit.

On en revient à la question de la commercialité...peut-être qu'effectivement, la plupart des gens s'arrêtent à l'emballage, et qu'ils oublient le besoin de couilles, le besoin d'être vrai, d'être là. C'est sans doute pour ça que je préfère écouter un japonais mal enregistré jouer sur son shamisen et chanter des choses incompréhensibles, avec ses couilles, que d'écouter un truc bien produit et sans "âme".

Attention, je ne dis pas que le simple fait d'y mettre son cœur suffit à faire de la bonne musique, il faut quand même une rigueur, une maîtrise, mais ce n'est qu'une base pour être vraiment dans l'acte musical vrai.

Je pense qu'il faut encore creuser pour bien comprendre ce qu'est cette chose, quand ça envoie du pâté, quand ça "parle", quand c'est indescriptible.

Bref, à la prochaine !

vendredi 20 janvier 2017

Problème logistique

Mardi dernier, c'était la première répétition de l'année ! On a un certain nombre de nouveaux musiciens, et ça c'est cool!

Mais je voulais surtout vous parler d'un problème logistique que j'ai rencontré... MA MONTRE M'A TRAHI.

Eh oui ! Si vous n'avez pas envie de tuer vos musiciens à la tâche, il vaut mieux aborder un certain nombre de morceaux durant la répétition, et si vous voulez faire tout ce que vous avez prévu, c'est mieux d'avoir une montre qui fonctionne !
Résultat, pour moi il était 22h00, alors qu'il était 22h30... autant dire que j'ai passé beaucoup trop de temps sur certains morceaux, et que je n'ai pas pu aborder tout ceux que j'avais prévu !

Mais mine de rien les musiciens ont tenu le coup !!

samedi 14 janvier 2017

Musique et Brioche

Musique et Brioche

Ce matin, embrumé dans les vapeurs oniriques encore fraîches, je me fis chauffer un café. Ce n'est pas là mon habitude, je suis plutôt du genre chocolat chaud.
Je sors un paquet de brioche tranchée. Et mon regard se pose sur l'encart avec la date limite de consommation.


On a donc quelques informations :
15/10/16 (c'est la date limite)
Emb B 231 265
09:27

Bon, là, y'a un truc qui me saute au visage ; j'ai des accords écrits.
Si on se dit que Emb c'est Ebm mal écrit, on a B.

Mais que faire de 231, 265 ?

Ce sont les degrés de la gamme, pardi ! 231 iront sur Ebm, et 265 sur B.
La gamme de Ebm et les degrés associés.

On a donc :











Ce qui, avec des sons donne :



Ça a de la gueule non ? La musique de la brioche !


Je ferai peut-être une suite.

lundi 9 janvier 2017

Je suis Chef d'Orchestre ! (2)

La cérémonie des pompiers à Taradeau


Cette première prestation a été, je pense pouvoir le dire, un succès !

Nous avons assisté et participé à la remise de grades, à l'extérieur. Nous avons interprété la Marseillaise, et je suis très satisfait de l'attention que les musiciens ont porté à mes gestes ; ainsi, tout le monde était ensemble, malgré une disposition peu habituelle.

Ensuite, nous nous sommes installés à l'intérieur, et, après avoir écouté attentivement les discours, nous avons entamé l'interprétation des morceaux de noël.
Ce n'était pas du tout un concert à proprement parler, mais vraiment un travail d'ambiance, de musique de fond. Les musiciens étaient très attentifs à obtenir le volume idéal, et je pense que nous avons réussi à obtenir quelque chose de très correct. Peut-être que nous étions mal placés dans la salle pour être entendus dans toute la salle, mais les gens sont restés près de nous (ce qui est un bon signe! ). Cela dit, nous avons eu droit à des solos de saxophone et de trompette qui étaient du meilleur effet.

Nous avons interprété des morceaux tels que l'Arlésienne, Il est né le divin enfant, ou encore Le sommeil de l'enfant Jésus. C'était parfait de terminer là dessus avant la pause annuelle.

La rentrée sera le 10 janvier, et on débute avec l'Assemblée Générale de l'association. Je vais pouvoir prendre "officiellement" mes fonctions, et présenter un peu la marche que je souhaite suivre.

En quelques mots :
- Nous nous tiendrons autant que possible à la liste d'une quarantaine de morceaux décidée par l'association.
- A partir de cette liste, je préparerai les répétitions
- A partir de ce que nous maîtrisons assez, je constituerai les programmes des concerts
- Nous ouvrirons les répétitions avec un morceau de cérémonie, car souvent, en cérémonie, on doit jouer "à froid"
- Nous terminerons les répétitions par un morceau "plaisir", pour ne pas rester sur un sentiment d'échec (rien de pire que de terminer une répétition en n'ayant pas réussi à jouer un trait !)

Je suis Chef d'Orchestre


Je suis désormais le Chef d'Orchestre de l'Indépendante des Arcs ! C'est un grand honneur, puisqu'il s'agit d'un orchestre qui existe depuis 150 ans !


Cette harmonie est une association, donc j'ai été non seulement choisi par le chef, mais aussi par le bureau et la Présidente, dont le rôle est de prendre les grosses décisions de ce genre. Je commence donc ici une petite chronique pour vous tenir informé de nos projets et de leur avancement.

1. Constitution de l'orchestre


Lorsqu'on est au complet, nous devons être un peu plus de vingt musiciens. Il y a d'énormes trous au niveau de l'instrumentarium ; nous n'avons aucun tromboniste, pas de cor, pas de batteur régulier (mais ça ne saurait tarder), pas de clarinette basse, pas de saxophone baryton, pas assez flûtes non plus. Evidemment, pas de xylophone/vibraphone/glockenspiele, pas de hautbois ni de basson, puisque ce sont des instruments plutôt rares, et assez méconnus du grand public. L'ambiance est très amicale et on boit un coup après chaque répétition, ce qui permet de tisser des liens.

2. Mon passif


Au niveau musical, j'ai une formation de musicologue, où j'ai bénéficié entre autres d'un semestre de direction de chœur et d'orchestre. J'ai été à cette époque violoniste dans l'orchestre de chambre de la fac de musique.
En arrivant dans le village vers septembre, j'ai intégré l'harmonie en tant que trompettiste, et j'ai donc passé un peu plus d'un an à ce poste. Le chef alors en place, Heinz, ayant remarqué une baguette de direction que j'avais rangée dans la boîte de la trompette, a très vite voulu me prendre comme assistant. J'ai donc dans un premier temps arrangé un morceau du Magnificat de Bach pour le faire jouer par l'orchestre. Au final, on ne l'a pas joué, mais j'avais déjà pris un premier contact avec la direction. En janvier, on m'a proposé de diriger deux morceaux (La Valse des Patineurs, et la Ballade des Gens Heureux). L'association m'a offert un stage avec Philippe Dulat à Sisteron. J'y suis allé avec ma copine, qui est flûtiste.
J'ai donc dirigé plusieurs fois ces deux morceaux lors de concerts, et là, après le concert pour le Téléthon, le chef a décidé d'arrêter et de me transmettre la place. Evidemment, je n'allais pas refuser.! C'est vraiment quelque chose qui m'intéresse, et le travail sur les conducteurs permet de s'imprégner de pas mal de choses. Je me pense avant tout comme un compositeur, et toute immersion dans le matériau musical est une aubaine. Apprendre à mettre en oeuvre les partitions est un défi que j'ai envie de relever.

3. Objectifs

Ce nouveau poste va me demander d'être très clair dans mes objectifs, et je vais devoir développer des techniques pour être le plus efficace possible, que ce soit face aux musiciens ou face à la partition!  Ecrire une chronique de ce genre me semble être un bon outil pour maintenir le cap et ne pas me retrouver perdu sans comprendre ce qui se passe.

Nous avons, dans deux semaines, une cérémonie pour les pompiers, qui sera suivie de l'interprétation d'un répertoire de musiques de noël.


Je vais donc vous faire part de ce qui se passe au fur et à mesure. Je ne sais pas encore à quelle fréquence je vais tenir ce blog, mais je vous tiendrai au courant des grandes lignes !

lundi 19 décembre 2016

Compte Rendu Du Stage de Direction à Sisteron

Compte Rendu Du Stage de Direction à Sisteron

Publié le .

L'Orchestre de l'Indépendante m'a offert un stage de direction d'Harmonie qui a eu lieu le 23 et 24 avril 2016 à Sisteron.

Présentation

Le formateur était Philippe Dulat, Professeur de Direction d'Orchestre au CNRR de Nice, et accessoirement titulaire de 6 Prix du CNSMD de Paris et de 4 Prix Internationaux.

Bref, aucun doute qu'il s'agit de quelqu'un de très expérimenté et doué !

Voici les sujets que nous devions aborder, selon la brochure qu'on nous avait envoyée :

  • Préparation physique, énergétique et mentale // Placements, postures et positions dans l'espace.
  • Apprentissage des bases techniques de la transmission gestuelle non verbale du "Conducteur" qu'est le Chef à tout Orchestre ou Ensemble, de quelque nature qu'il soit.
  • Transmission des fondamentaux des voix et des instruments dans ce qu'ils ont en commun.
  • Prise de conscience et Connaissance de soi dans l'acte de direction.
  • Approche de partition et non analyse // formes / styles / systèmes harmoniques / conduite de lignes.
  • Disposition "sonologique" des ensembles et orchestres, fonction de l'écoute humaine.
  • Monstage d'un Programme // Constitution de Répertoires

Sur la brochure, il y a aussi une méthode qui est proposée, la voici :

  • Chantez la partition.
  • Indiquez les tonalités et les cadences.
  • Indiquez les groupements de mesures (carrues entre autres).
  • Détachez clairement les motifs et les thèmes (conclusion de ceux-ci par des cadences).
  • Repérez ensuitez les éléments utilisés (variations, développements...), en un mot le type de construction.
  • Notez enfin la forme (la structure) directement sur vos conducteurs en parties et sections.

Et aussi, une liste de partitions à imprimer, et, surtout, à préparer !

  • La grande porte de Kiev, de Moussorgski, arrangé par J.C Amiot
  • Oblivion, de Piazolla, arrangé par Lorenzo Pusceddu
  • L'allegretto de la 7eme Symphonie de Beethoven (dire "Bétov" pour avoir l'air de s'y connaître), arrangé par Douglas Court
  • L'air sur la corde de Sol, de notre ami Bach (prononcer à l'Allemande pour paraître expert (Barrr)), arrangé par Ofburg
  • Bohemian Rhapsody, de Freddie Mercury, arrangé par Philip Sparke
  • L'hymne à la nuit de Jean-Philippe Rameau, arrangé par Tony Chesaux

Déroulement

Arrivée à Sisteron

Je ne suis pas allé seul à ce stage, ma copine est venue avec moi. Le stage devait commencer le samedi matin, alors nous sommes partis vendredi.

En arrivant à Sisteron, on est directement marqué par l'immense rocher qui fait face à la ville, de l'autre côté de la Durance.

Il y a une citadelle posée sur le rocher en face. C'est un peu Minas Tirith dans la vraie vie.

Comme j'ai de la chance, j'ai un cousin et sa copine qui habitent là-bas, au village-même, et j'ai profité d'avoir de l'argent offert par l'Indépendante pour l'hébergement, pour leur offrir des pizzas afin de les remercier.

Bref, nous sommes arrivés le vendredi soir, très stressés de ne pas avoir eu vraiment le temps de préparer les conducteurs, parce que nous les avions eu la semaine d'avant, et qu'on a eu à peine le temps de trouver un imprimeur.

Première journée

Le rendez-vous était donné à 8h45 à l'école de musique, c'était à deux pas de chez mon cousin.

On arrive, et on rencontre les premiers arrivant, un venant de Nice et l'autre de Marseille.

Ils avaient fait le trajet le matin-même et étaient donc partis très tôt.

Bref, tout le monde arrive peu à peu, on nous ouvre la salle.


Philippe Dulat est un personne assez sympathique, qui a toujours une blague pour détendre les gens. "Pour décontracter le diaphragme" dit-il.

Il avait bien lu nos lettres de motivation et s'est adressé à nous en connaissance de cause ; c'est assez agréable d'arriver dans ce genre de stage et de voir qu'on nous a pris en compte personnellement.

Premiers exercices

Les premièrs exercices concernent le placement, la présence, la décontraction. Il nous fait nous accroupir, les deux pieds à plat. Pour moi, et d'autres, impossible de tenir dans cette position. Alors il nous permet d'être sur la pointe des pieds. Je crois que cet exercice a pour but de nous faire prendre conscience de notre posture, de notre équilibre.

Il nous fait mutuellement nous soulever les bras, afin de sentir le poids du bras.

La musique est contenue dans le poids du bras.

Sur le même thème, il nous demande de le diriger au piano. Il nous propose une suite d'accords, et nous demande, avec la seule position de nos bras, de lui faire jouer l'accord auquel nous pensons.

Là, j'apprend une chose importante, que l'on sait intuitivement. (Il y a beaucoup de choses comme ça)

La position du corps, surtout des bras, contient l'harmonie.

Le bas du corps est secondaire dans l'acte de diriger, il sert surtout à avoir une assise stable à partir de laquelle il faut travailler.

La matinée est donc surtout une prise de contact avec le corps.

Un autre exercice intéressant qu'il nous propose, est de simplement lever les bras, en sentant bien le poids de ceux-ci, puis, sans transmettre aucune intention, de prendre contact avec un partenaire, pour, simplement, être là, être présent, afin de provoquer l'écoute.

La présence à l'autre est primordiale pour être écouté.

Repas de midi

On bénéficie d'un tarif de groupe pour un restaurant. Le Tivoli

Je crois que je me suis rarement régalé comme ça !

Au repas, en discutant avec les convives, on se rend compte que la plupart des stagiaires sont aussi des élèves de Philippe Dulat au Conservatoire.

Bonjour la pression !

Cours du Samedi Après-midi

L'après-midi, ça se corse.

D'un coup, on a dû chanter les partitions (qu'on avait pas pu travailler).

On a commencé à stresser légèrement.

On ne s'est pas attardé sur l'analyse de la partition, on a tout de suité été dans la direction à proprement parler.

Beaucoup de choses, qui sont allées très vite.

J'ai quand même pris quelques notes.


Tout d'abord, la spatialisation du sonologique de l'orchestre.

Ce qui est reçu par l'oreille droite, chez la plupart des gens, est ressenti brut, non filtré, tandis que ce qui est reçu par l'oreille gauche, à cause du placement du centre auditif, est filtré et a plutôt trait à l'émotionnel.

On en tire une façon de placer les instruments qu'on a retrouvé dans les orchestres , par pure expérience emprique, depuis très longtemps.

A gauche l'aigu (mélodie, donc émotion), et à droite, le grave(c'est l'assise, donc c'est brutal, raccroché à la terre).

Et, en profondeur, à l'avant ce qui est faible, à l'arrière ce qui est puissant.

Selon notre formateur, il est important de savoir dans quelle tonalité pensent les instrumentistes (les joies des instruments transpositeurs).

Il faut avoir conscience de la façon qu'ils ont d'émettre leur son. Par exemple, un tuba a besoin de plus d'élan pour sortir une note au bon moment, puisque c'est un instrument imposant qui demande beaucoup de souffle.

Le tempo doit être calé sur l'instrument qui émet le plus difficilement le son.

Il existe deux façon de battre; la façon métrique, et la façon rythmique.

Dans une écritrure de type "Choral", on choisira plutôt la battue rythmique, qui consiste à diriger les évènements musicaux, plutôt que d'indiquer les mesures.

Il est important de spatialiser le geste.

Il faut être engagé 1 temps avant l'orchestre.

La "naissance du temps" sert de point d'orgue dans un style syllabique.

On peut basculer d'une battue à l'autre si besoin est.

Si, par exemple, le son commence un demi temps après le temps 1, il est possible "d'attendre" l'orchestre. Il faut l'attendre, tout en dirigeant.

Il y a 3 schémas de battue possibles : Alla breve, le triangle, et la croix. Tout le reste n'est qu'une variation là-dessus !

Il n'y a toujours qu'une seule levée dans la battue.

Si le rythme est difficile, travailler le phrasé, car ce dernier gouverne le rythme.

Si un legato et un staccato sont superposés, il faut diriger le legato, car il est plus aisé de jouer un staccato par dessus un legato que l'inverse.

Le batteur doit jouer en fonction de l'orchestre, et non l'inverse, autrement on obtient un son dur.

Le chef endosse le rôle de plusieurs personnages pour transmettre l'élan musical, c'est un peu du théâtre.

C'est assez fatigués que nous sortons de là le soir !

Le dimanche

On était cette fois-ci conviés à la salle de répétition de l'harmonie de Sisteron.

On s'est fait avoir, comme il faisait chaud chez nous, on est parti habillés léger...

Le vent de Sisteron est froid et fort.

Le matin

La salle de répétition est décorée de nombreux instruments anciens, qui, certainement, ont dû appartenir à des musiciens aujourd'hui décédés. C'est à la fois un bel hommage et un peu glaque aussi.

Il y a notamment une sorte de trombonne revêtu de cuir. Je n'ai aucune idée de ce que c'était !

Philippe Dulat prend les commandes de l'orchestre. Il les replace, puis leur fait faire un accord.

Ce qui est particulièrement impressionnant, c'est la facilité avec laquelle il est capable d'obtenir un son propre, agréable et juste. Tous les stagiaires qui sont passés devant l'orchestre ont eu un son différent avec l'orchestre. De quoi supprimer l'idée que le chef d'orchestre ne sert pas à grand chose !

Nous passons ensuite tour à tour sur les morceaux prévus. Le tout est filmé, afin que nous puissions nous revoir en fin de journée, pour faire un bilan.

J'ai noté quelques idées à retenir :

  • Il faut demander des choses précises techniquement à l'orchestre ; plus on est précis dans ce qu'on demande, plus on a de chance d'avoir un résultat.
  • Il faut être conscient de ce que font les bras, ne pas les laisser bouger sans maîtrise; comme dit, la musique est dans le bras.
  • Le temps réel et le temps ressenti diffèrent ; il faut être conscient de cela.
  • Dans la battue, si l'on veut que l'orchestre joue plus fort, ce n'est pas tant l'ampleur du geste qui compte, que sa vitesse ; plus les "boucles" sont rapides, plus le son est fort.
  • Une battue, "double legato" forme plus de boucles, tout en gardant les mêmes points d'appui que dans une battue legato normale.
  • Il faut se concentrer sur le fondement de la musiqe, c'est à dire, la plupart du temps, les basses, notamment lorsque l'orchestre n'est pas de haut niveau.
  • Pour travailler une pièce, il faut d'abord, chez soi, lire la musique en laissant le corps s'exprimer librement, vivre la musique à fond sans entrave. Une fois que le ressenti est bien clair, le travail consiste à exprimer ce ressenti de façon maîtrisée, canalisée dans les bras, afin de gagner en clarté, et donc en efficacité.
  • Lors du travail avec l'orchestre, il faut travailler à obtenir immédiatement ce que l'on veut, et, en un geste précis, transmettre le maximum d'information.
  • Avec les vents, en tant que chef, on peut décider de gérer leur respiration ; si un passage demande à être piano, il suffit de donner l'instruction de ne pas respirer jusqu'à tel moment; il en résultera immédiatemment une répartition de la quantité d'air sur une plus longue phrase. Et, chez les vents, plus d'air égale un son plus fort, et inversement !

Je suis passé sur l'allegretto de Beethoven, ainsi que ma copine.

Le midi

L'orchestre nous a offert un buffet, avec d'énormes pizzas, et quelques mets préparés par les musiciens eux-mêmes !

Il y avait des canelés délicieux et, il me semble que c'est comme ça qu'on appelle ça, un strudel.

C'était vachement bon

Après-midi

Nous avons passé le reste de l'après-midi à visionner nos passages, en bénéficiant des conseils du formateur (j'ai tout mis dans la liste d'avant).

En me revoyant, j'ai clairement identifié un de mes gros problèmes, à savoir l'utilisation de la main gauche, dont je ne me sers quasiment pas.

J'y travaille.

Apparemment, j'ai eu le tempo que je voulais sans problème, et j'avais une bonne présence. C'est toujours plaisant à entendre !

Bref, nous avons fini bien plus tard que ce qui était prévu, le formateur ne comptant visiblement pas ses heures pour parler de direction ! Nous nous sommes quittés avec l'invitation à venir à d'autres stages, organisés régulièrement dans la région.

Conclusion

Ce stage m'a permis de renouer avec une certaine approche de la musique, que j'avais perdu depuis un moment.

J'ai aussi confirmé une idée qui me trotte dans l'esprit, à savoir que les bases, si elles sont bien acquises, permettent d'aller très loin, sans avoir besoin d'aide; notre formateur ne s'est pas tellement épanché sur les problématiques techniques, et s'est surtout attaché à nous recadrer sur notre base; présence à soi et aux autres, bon relâchement du bras.

Depuis, lorsque je sens que je ne suis pas très efficace devant l'orchestre, je repense à ces bases et je peux aller plus loin sans forcément réfléchir.

En tout cas, c'est un très beau cadeau que m'a offert l'Indépendante, et, encore une fois, je les remercie !